L'assombrissement global

Outre les émissions de gaz à effet de serre et la déforestation, l'homme exerce un autre impact majeur sur le climat, notamment via l'émission d'aérosols. Les aérosols sont de minuscules particules de matière liquide et solide présentes dans l'atmosphère. Une partie de ces derniers a une origine naturelle : par exemple, pollen, sel marin, sable du désert et cendre volcanique. Toutefois, une proportion toujours plus importante est libérée dans l'air par l'homme : par exemple, les fines particules et la suie des moteurs à combustion interne. Ces fines particules générées par l'homme sont néfastes pour la santé. C'est la raison pour laquelle dans les grandes villes une « alerte au smog » est déclenchée dans certaines conditions atmosphériques (chaleur et vent faible). Les fines particules nocives produites par les véhicules et l'industrie, le smog, ne sont pas dispersées et restent en suspension au-dessus de la ville. Les aérosols ont un impact non seulement sur la santé, mais aussi sur le climat.

Comme expliqué en détail pour les éruptions volcaniques, certains aérosols réfléchissent la lumière du soleil, de sorte que moins de rayonnement solaire atteint la Terre. Le phénomène est appelé « Global Dimming » ou aussi assombrissement global. En outre, l'augmentation des aérosols dans l'atmosphère contribue à une plus grande quantité de nuages. Les gouttelettes d'eau et de glace se condensent facilement autour des aérosols, entraînant ainsi la formation de nuages. Les nuages ont en moyenne un effet refroidissant sur le climat. Certaines particules d'aérosols contribuent ainsi au réchauffement, parce qu'elles absorbent plus le rayonnement solaire qu'elles ne le réfléchissent.

En comparaison avec les gaz à effet de serre, les aérosols n'ont qu'une courte durée de vie dans l'atmosphère. Quelques semaines tout au plus suffisent pour qu'ils soient assimilés par la surface de la Terre. De ce fait, ils n'influent sur le climat que localement et pour une durée limitée, contrairement aux gaz à effet de serre dont la durée de vie est beaucoup plus longue.

Les aérosols ont probablement fortement contribué aux changements climatiques des 100 dernières années. La concentration en aérosols a augmenté fortement au milieu du 20e siècle, ce qui a conduit à un ralentissement du réchauffement par les gaz à effet de serre. Au cours des dernières décennies, les gouvernements ont pris des mesures pour limiter les émissions de particules fines, comme l'installation de filtres à particules sur les pots échappements des voitures et les cheminées d'usine. De ce fait, les émissions de particules fines depuis les années 80 ont diminué. Cette diminution a pour conséquence que le réchauffement climatique n’est plus ralenti par ces particules. Il est assez ironique de penser qu'un aspect de la pollution anthropique (fines particules) nous protégeait jusqu'à présent d’un autre aspect de cette pollution à savoir le réchauffement du climat. De plus, le réchauffement climatique risque d’être un problème plus grave que celui associé aux particules fines. Certains climatologues soupçonnent d’ailleurs que les étés exceptionnellement chauds des dix dernières années sont surtout la conséquence de l'amélioration de la qualité de l'air combinée à l'augmentation de température dû à l'effet de serre additionnel.