Les conséquences pour l'agriculture dans les pays du Sud

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Les effets du changement climatique sur l'agriculture ne sont pas seulement négatifs. Des températures supérieures sont un facteur de stress pour les plantes, mais elles peuvent également allonger la période de croissance et permettre un plus large choix de cultures. Une concentration supérieure en CO2 peut accélérer la croissance. Mais par ailleurs, les maladies peuvent se diffuser plus rapidement sous un climat plus doux. L'agriculture possède une grande faculté d'adaptation : de nouvelles variétés peuvent supporter d'autres conditions, une bonne gestion du sol peut combattre le stress hydrique... Pour l'agriculture dans des régions au climat plus tempéré, le changement climatique peut même s'avérer avantageux.

Toutefois, dans les régions (sub)tropicales, les conséquences du changement climatique pour l'agriculture sont toujours catastrophiques. Moins de pluie et de la sécheresse, ou inversement de fortes pluies et une érosion des sols occasionneront de graves dégâts dans l'agriculture. Prenons l'exemple de la production de café en Afrique. Actuellement, les plants de café sont cultivés entre 0 et 600 m d'altitude. Si la température augmente de 2°C, seules les régions en altitude pourront accueillir la culture de café; ce qui réduira forcément le rendement. De plus la raréfaction de l'eau aura aussi un impact sur les plants qui pousseront moins. En Asie, le delta du Mékong qui assure environ la moitié de la production du riz du Vietnam serait sensible à une évaluation du niveau des mers de 30 cm (19 cm actuellement). Une baisse de 12 % de la production est possible.  En outre, la population des pays en voie de développement vit essentiellement de l'agriculture, contrairement à celles de nos contrées. À titre de comparaison : au Sénégal, 77 % de la population active vit de l'agriculture, en Belgique ce n’est le cas que de  2 % de la population active. Nous constatons que le milliard de personnes qui a faim dans le monde est en grande majorité paysan. Ce sont justement ceux qui produisent la nourriture qui ont faim !



Être paysan dans un pays en voie de développement est un métier à risque :
  • En tant que paysan, vous ne pouvez pas vous permettre d'être malade. Une attaque de malaria signifie environ 10 journées de travail de perdues. Pourtant, les fermiers sont souvent malades, justement parce que beaucoup sont sous-alimentés et sont donc sujets aux infections.
  • L'agriculture dépend fortement d'une bonne infrastructure : routes pour amener les marchandises jusqu'au marché, camions frigorifiques pour transporter la viande, installations de refroidissement, bonnes conditions de stockage, etc. Dans beaucoup de pays en voie de développement, les routes sont en mauvais état, l'électricité tombe régulièrement en panne, etc.
  • Le métier d'agriculteur se transmet de père en fils. Souvent la plupart des enfants d'une même famille deviennent paysans parce qu'ils ne sont pas scolarisés et qu'il y a peu d'autres perspectives. La terre est alors divisée entre les enfants. De génération en génération, les parcelles sont par conséquent de plus en plus petites.
  • Les produits agricoles des pays en voie de développement sont souvent mal positionnés sur le marché mondial ainsi que sur le marché national. Ils sont difficilement concurrentiels avec des produits bon marché, souvent sujets au dumping, venant de Chine, d'Europe, etc.