Cradle to cradle

La production, le traitement et la destruction de matériaux dans notre société moderne « du jetable » gaspillent non seulement des matériaux et des matières premières, mais également de l’énergie. Dans leur livre « Cradle to Cradle: remaking the way we make things » (Cradle to cradle : créer et recycler à l’infini »), l’Américain William Mc Donough et l’Allemand Michael Braungart concluent que les déchets et la pollution doivent disparaître purement et simplement. « La pollution est le signe d’une mauvaise conception ».

Actuellement, nous essayons de fabriquer des produits moins nuisibles ou toxiques pour l’environnement : par exemple, des chaussures contenant moins de produits chimiques. C’est une bonne chose mais un produit reste considéré comme une chaîne :
  1. fabrication (extraction de matières premières, production),
  2. utilisation (consommation d’énergie et consommation de matières comme la poudre à lessiver et l’essence)
  3. rebut (réutilisation et rejet).
Rendre un produit « moins mauvais » consiste à choisir des matières premières plus propres, à utiliser le produit de manière plus économe et à optimiser le recyclage. On peut le voir, même si le terme « recycler » est impropre dans ce cas-ci, comme une création du berceau à la tombe. En définitive, tout ce que nous produisons finit dans les déchets. Or, tout déchet est et reste à proscrire.

La réflexion centrale de la philosophie « cradle to cradle » (du berceau au berceau) est que tous les matériaux utilisés peuvent, après leur vie dans un produit, être utilisés dans un autre produit. Cette conception présente deux principales différences avec le recyclage.

  • La première différence avec le recyclage est que ce concept n’implique pas de perte de qualité. Aujourd’hui, le recyclage s’accompagne souvent d’une détérioration de la qualité du matériel jusqu’à ce qu’il finisse quand même par atterrir dans les déchets (par exemple, le recyclage du papier pour écrire en papier journal).
  • Une seconde différence est que rien n’est jeté. Le produit s’inscrit dans un cycle sans début ni fin. Tous les matériaux continuent à être utilisés ou sont compostés de manière naturelle. Cette méthode de production exige moins de matières premières et d’énergie, ce qui produit donc moins de gaz à effet de serre.

Exemple

Une paire de chaussures produite selon le principe « cradle to cradle » ne contiendra naturellement aucun produit chimique mais sera en outre recyclable à 100 % ou pourra être compostée. Lors de la fabrication de la paire de chaussures, on est évidemment conscient qu’elle sera délaissée un jour. Il faut donc pouvoir séparer facilement tous les matériaux qui la composent. Pour les composter (retour à la nature) ou les réutiliser complètement (sans perte de qualité).