Geo-engineering

Le « geo-engineering » consiste à intervenir consciemment dans le fonctionnement de la planète Terre. Cela vise des mesures radicales qui ont un effet direct sur les systèmes à grande échelle. En réalité, nous sommes tous devenus des « geo-ingénieurs » dès que notre espèce Homo sapiens sapiens a commencé à faire du feu, à élaguer et à abattre bois et forêts, à fondre du bronze et du fer, etc. Les changements climatiques s’inscrivent également, en quelque sorte, dans le geo-engineering, même s’ils sont les sous-produits indésirables et non voulus de notre mode de vie prodigue.
Même si le sujet suscite des controverses, des scientifiques étudient actuellement si nous pouvons contrecarrer les changements climatiques par le geo-engineering. Nous distinguons 2 modes d’intervention :
  • Les moyens physiques comme la manipulation de l’albédo de la planète.
  • Le geo–engineering biologique comme la plantation d’arbres, l’engraissage des algues océaniques par du fer, la synthèse directe de la nourriture par des matières premières anorganiques, etc. À cet égard, deux approches sont possibles : soit nous réduisons la quantité d’énergie que la terre reçoit du soleil, soit nous supprimons de l’atmosphère le dioxyde de carbone et d’autres gaz à effet de serre.
Quelques exemples :
  • Un écran solaire (réfléchissant) dans l’espace (Lowell Wood et Ken Caldeira). Leur idée est de placer un écran solaire gigantesque d’un diamètre d’environ 7 miles sur le point Lagrange. Sur ce dernier point, la force d’attraction de la terre et du soleil est égale, ce qui réduit donc la difficulté de maintenir l’écran à cet endroit-là. Une variante de leur idée est d’utiliser des petits ballons stratosphériques qui réfléchissent également la lumière du soleil.
  • Une autre possibilité pour limiter la quantité de rayonnement solaire est de créer des nuages stratus au-dessus d’une grande partie de la surface des océans : des nuages ou du brouillard juste au-dessus du niveau de la mer (John Latham). Son idée consiste à prévoir de petits appareils pratiques transformant l’eau de mer en un aérosol de fines particules d’eau qui serviraient à accroître la densité de ces nuages.
  • Une manière simple de refroidir la terre serait d’imiter l’effet refroidissant bien connu des éruptions volcaniques en projetant dans l’air de grandes quantités de dioxyde de soufre (SO2) tout comme lors de l’éruption du Pinatubo, aux Philippines. À l’époque, une très grande quantité de SO2 était arrivée dans la stratosphère où elle s’était oxydée en formant un aérosol de gouttes d’acide sulfurique. Ces gouttes sont restées suspendues pendant quelques années dans les couches supérieures de l’atmosphère, ce qui a provoqué une baisse évidente du réchauffement de la terre. Ainsi, on pourrait faire voler les avions avec un carburant contenant une petite quantité de souffre (0.1 – 1.0 % de souffre est suffisant pour former un aérosol).
  • Les océans couvrent plus de 70 % de la surface de la terre et absorbent de grandes quantités de CO2 de l’atmosphère. Les algues dans la mer peuvent également assimiler beaucoup de CO2. Pour ce faire, les algues ont besoin de fer. Ce qui a donné l’idée de leur donner un engrais contenant du fer pour favoriser leur croissance et contribuer ainsi à refroidir la terre par l’absorption de CO2.

Comme nous l’avons déjà souligné, le geo-engineering comme technique de lutte contre les effets des changements climatiques est très controversé. Ces méthodes comportent en effet des risques énormes, à la mesure des interventions radicales dans les grands processus de la planète.